Author: Laurent Laniel

July 28th, 2017

Les attentats du 13 novembre 2015 en Île-de-France ont engendré un intérêt soudain pour le stupéfiant désigné depuis une trentaine d’années sous le nom de « captagon », que de très nombreux médias ont hâtivement qualifié de « drogue des terroristes », « potion magique des djihadistes » ou « drogue de Daech » [78-80]. On dispose de relativement peu d’informations pour comprendre le captagon, d’où l’apparition de théories plus ou moins fantaisistes qu’il est souvent difficile de démontrer ou d’invalider. La production de connaissances sur le phénomène est en effet fortement contrainte par l’absence de données provenant des principaux marchés de consommation de cette drogue, dont les plus importants semblent être les pays du golfe Persique. En effet, si ces derniers pays et, plus globalement, l’ensemble des pays arabes, communiquent régulièrement des données de saisies de stupéfiants aux organisations internationales, peu d’éléments contextuels sont disponibles permettant d’en estimer la fiabilité en l’absence de systèmes officiels d’observation de la situation des drogues et étant donnée la forte stigmatisation de l’usage de drogues dans cette région. Ainsi, les données sanitaires et épidémiologiques systématisées permettant d’analyser sur des bases tant soit peu scientifiques la demande de captagon, notamment son ampleur, les groupes sociaux dont elle est issue et ses conséquences sont très lacunaires. Cela dit, il existe un ensemble d’éléments suffisamment fiables qui permettent de mieux comprendre ce qu’est et ce que n’est pas le captagon et de formuler une série d’hypothèses quant à la structure de l’offre de ce produit. C’est à ces tâches que s’attèle ce rapport.

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